L’aumônier national musulman des prisons demande la gratuité de la formation obligatoire

La garde des Sceaux Christiane Taubira a réuni jeudi 25 juin les responsables des sept aumôneries agréées au niveau national (catholique, protestante, orthodoxe, musulmane, israélite, bouddhiste et témoins de Jéhovah).

Le responsable musulman a demandé que l’État prenne en charge le coût du diplôme universitaire qui sera bientôt exigé.

L’aumônier national musulman des prisons a souhaité, jeudi 25 juin, la gratuité de la formation civile et civique que le gouvernement a décidé de rendre obligatoire pour les nouveaux aumôniers de l’ensemble des cultes, à l’issue d’une réunion au ministère de la justice, indique l’AFP. « Cette formation profane, il faut que l’État la rende gratuite », a défendu devant la presse l’aumônier national musulman des prisons, Moulay El-Hassan El-Alaoui Talibi.

Reconnaissant que « l’État fait ce qu’il peut » et saluant « l’écoute » de la ministre de la justice Christiane Taubira, il a souligné « un manque d’espaces » pour les intervenants des cultes en prison. Il a également demandé « une couverture sociale et une retraite »pour les aumôniers qui perçoivent « entre 168 et 780 € par mois », en fonction du nombre de vacations effectuées, quand ils ne sont pas bénévoles.

SOUTIEN DES AUTRES RELIGIONS

Les aumôniers chrétiens, qui avaient fait part de leurs vives inquiétudes quant au projet du gouvernement, ont soutenu la demande de leur homologue musulman. Vincent Leclair, aumônier général catholique des prisons, a jugé « naturel » que l’État prenne en charge le coût des diplômes universitaires (DU) de formation civile et civique, « dans la mesure où il les rend obligatoires ».

Brice Deymié, aumônier national protestant des prisons, a quant à lui évoqué la longue expérience chrétienne en la matière et dit comprendre que l’aumônerie musulmane, beaucoup plus récente, ait « besoin d’autres choses », notamment d’un « statut ». « On peut très bien avoir un système à géométrie variable », a-t-il estimé.

LIBRE EXERCICE DES CULTES EN PRISON

Le débat sur le manque d’aumôniers bien formés dans la lutte contre la radicalisation violente a été relancé par les attentats parisiens de janvier. Un décret devrait prochainement formaliser l’obligation d’une formation civile et civique, validée par un diplôme universitaire, pour les nouveaux aumôniers. Ces formations sont actuellement dispensées dans six universités, qui seront rejointes par trois autres en septembre et autant en 2016.

La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État garantit le libre exercice des cultes. Selon l’article 26 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, « les personnes détenues ont droit à la liberté d’opinion, de conscience et de religion. Elles peuvent exercer le culte de leur choix, selon les conditions adaptées à l’organisation des lieux, sans autres limites que celles imposées par la sécurité et le bon ordre de l’établissement ».

S.B. avec AFP

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