Réforme de la justice des mineurs : Christine Taubira s’impatiente

La ministre de la justice regrette que son projet qui prévoit notamment de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs ne soit toujours pas mis à l’ordre du jour du gouvernement.

On a l’habitude que Christiane Taubira ne mâche pas ses mots. Elle a à nouveau mis les pieds dans le plat vendredi 19 juin en faisant savoir à demi-mot qu’elle aurait du mal à rester au gouvernement si la réforme de la justice des mineurs, promise par François Hollande et à laquelle elle est très attachée n’était pas rapidement inscrite à l’ordre du jour.

« Le gouvernement s’était engagé à le faire au premier semestre 2015, je suis la première à déplorer que ce ne soit pas encore fait », a expliqué la garde des sceaux sur BFMTV et RMC. « Si on ne fait pas ça, c’est un aveu d’impuissance et moi, je n’assumerais pas », a-t-elle poursuivi.

MENACE DE DÉMISSION

Le Journal du Dimanche, dans son édition du 21 juin, confirme que la ministre de la justice ne cacherait plus en privé qu’elle démissionnera si elle n’a pas la certitude que cette réforme sensible, qui en est selon elle aux « derniers arbitrages », soit adoptée avant la fin du quinquennat.

Christiane Taubira qui s’est opposée sans succès à certaines mesures du projet de loi sur le renseignement entend donc mettre la pression sur Matignon et l’Élysée pour faire avancer son projet qui prévoit notamment de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs mis en place sous Nicolas Sarkozy au motif que les juges pour enfants auraient été trop laxistes.

UN CALENDRIER 2015 DÉJÀ CHARGÉ

« Les tribunaux correctionnels pour mineurs ont jugé dix fois moins que les juges pour enfants, donc ils sont moins efficaces et ils ont pris des décisions plus clémentes que les juges des enfants », a affirmé la garde des sceaux qui a appelé à sortir des « fantasmes ».

Le texte du projet de loi est prêt depuis longtemps et son examen en conseil des ministres a déjà été repoussé à deux reprises. Matignon affirme désormais que le calendrier parlementaire est déjà plein pour 2015. Ce qui reporterait à 2016, soit un an avant la présidentielle, la réforme de l’ordonnance de 1945, très contestée par l’opposition.

La Croix (avec AFP)

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