Lutter contre la radicalisation violente

Dispositif RIVE : favoriser le désengagement de la violence extrémiste et la réinsertion sociale en milieu ouvert.

La création de RIVE, début 2017, fait suite à un marché public déposé par la Direction de l’administration pénitentiaire et remporté par l’APCARS. Elle répond à l’augmentation du nombre de procédures liées au terrorisme et de signalements de radicalisation de personnes placées sous main de justice. Ce dispositif complète et renforce les actions menées par les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Objectif : permettre le désengagement de la violence extrémiste en milieu ouvert à travers un suivi pluridisciplinaire, individualisé, global et intensif.

Une obligation de prise en charge

Le dispositif RIVE concerne des personnes placées sous main de justice, en milieu ouvert, contraintes à y participer. Deux profils sont ciblés : les personnes poursuivies ou condamnés pour infractions en relation avec une entreprise terroriste ; les personnes écrouées pour des infractions non terroristes mais repérées par l’Administration pénitentiaire comme radicalisées ou en voie de radicalisation. Tout type d’extrémisme violent peut être pris en charge par RIVE.

Ces personnes sont orientées vers le dispositif RIVE par les SPIP, suite à une décision judiciaire prononçant l’obligation particulière de prise en charge (C. pr. pén., art. 138-8, 18° ; C. pén., art. 132-45, 22°), dans le cadre d’une mesure de probation, avant et/ou après jugement (contrôle judiciaire, assignation à résidence, sursis avec mise à l’épreuve, placement sous surveillance électronique, libération conditionnelle, etc.)

 

Un accompagnement complémentaire au travail des SPIP

RIVE a pour objet de renforcer les dispositifs déjà existants en milieu ouvert pour les personnes placées sous main de justice. RIVE intervient donc en complément et en partenariat avec les SPIP, qui restent maîtres d’œuvre du suivi judiciaire de ces personnes. La prise en charge correspond à la durée de la mesure judiciaire. Toutefois, elle doit être au moins égale à un an, afin que RIVE puisse pleinement produire ses effets.

L’accompagnement débute par une évaluation pluridisciplinaire de la personne et par la construction d’un lien de confiance avec l’intéressé. L’équipe RIVE identifie les facteurs qui ont conduit les personnes vers la violence extrémiste, leurs motivations et leurs potentialités, mais également les risques qu’elles présentent, afin de les réduire.

Ce travail, qui fait notamment recours à des outils de psychocriminologie, permet l’élaboration d’un programme individualisé et soutenu (plusieurs heures par semaine), ensuite modulé en fonction de l’évolution de la personne.
L’accompagnement se réalise selon différentes modalités : entretiens individuels, en binôme, aide à la réalisation de démarches, activités, entretien familial, visite au domicile, rencontres individuelles avec des spécialistes, justice restaurative (à venir), etc.

Le dispositif fait l’objet d’une double évaluation, d’une part sur son organisation, ses outils et méthodes, d’autre part sur son impact sur la trajectoire des personnes.

 

Une équipe pluridisciplinaire et étendue

L’équipe RIVE est composée de professionnels expérimentés : des référents sociaux, un psychologue clinicien, un référent cultuel, un psychiatre. Pour chaque personne suivie, les référents sociaux RIVE adoptent une approche de type mentorat.

RIVE comporte également un volet « recherche » visant à améliorer la connaissance de la violence extrémiste, à identifier et activer les leviers permettant de s’en extraire. Des chercheurs, criminologues et/ou spécialistes de divers aspects liés à la radicalisation collaborent, à divers titres, à RIVE.

RIVE est conçu pour prendre en charge un maximum de 50 personnes placées sous main de justice en simultané.